Conseils et prévention / Risques professionnels
ESPACES VERTS · PRÉVENTION DES RISQUES
Reconnaître les dangers, préparer le chantier et transformer les observations en actions concrètes.

Par David Lahouel, PREVA CONSEILS · · Lecture : 10 min · Visuel d’illustration.
Tondre, débroussailler, tailler une haie, utiliser un souffleur ou intervenir sur un accotement peuvent sembler être des activités courantes. Pourtant, les professionnels des espaces verts sont confrontés quotidiennement à de nombreuses situations susceptibles de provoquer un accident ou une atteinte à leur santé.
Machines en mouvement, projections, bruit, vibrations, circulation, manutention, chaleur, produits chimiques ou encore risques biologiques : la prévention ne doit pas se limiter au port des équipements de protection individuelle.
Débroussailleuses, tondeuses, taille-haies, souffleurs, broyeurs ou motoculteurs présentent des dangers différents : coupures, entraînement par une pièce en mouvement, coincement, écrasement, démarrage intempestif ou contact avec une partie chaude.
Avant chaque utilisation : vérifier l’état apparent de la machine, ses protections, ses commandes et l’outil monté. Une anomalie doit être signalée et le matériel concerné écarté de l’utilisation jusqu’à la décision de remise en service.
Pour un débourrage, un nettoyage ou un changement d’accessoire, appliquer la mise en sécurité prévue par la notice et empêcher tout redémarrage. L’arrêt du moteur ne suffit pas toujours : certaines pièces continuent à tourner et des énergies peuvent subsister.
Source : INRS — prévention lors de l’utilisation des machines.
Une pierre, un morceau de verre ou un fil métallique caché dans la végétation peut être projeté pendant le travail. Les conséquences concernent l’opérateur, mais aussi les collègues, les passants, les véhicules et les vitrages voisins.
Les actions à prévoir : reconnaître le terrain, retirer les objets repérés sans s’exposer, choisir un outil de coupe adapté et conserver les protecteurs prévus par le fabricant. Délimiter la zone de travail et maîtriser ses accès.
Respecter les distances et consignes de la notice, puis les adapter à l’environnement par l’évaluation des risques. Une distance unique ne convient pas à toutes les machines. Si une personne entre dans la zone exposée, interrompre le travail. Les protections des yeux et du visage complètent ces mesures.
À lire aussi : Débroussailleuse : préparer une intervention en sécurité.
Le bruit d’une débroussailleuse, d’un souffleur ou d’un broyeur peut dégrader l’audition. Il peut également rendre plus difficiles les échanges et la perception des signaux utiles sur le chantier.
La prévention commence à la source : comparer les émissions sonores à l’achat, entretenir les machines et éviter les expositions inutiles des personnes qui ne participent pas à la tâche. L’exposition s’apprécie selon le niveau de bruit et sa durée ; la seule impression de « supporter le bruit » ne permet pas de conclure.
Prévoir des protecteurs auditifs adaptés aux résultats de l’évaluation, compatibles avec les autres EPI et correctement portés. Organiser les échanges : arrêter l’équipement et se placer en sécurité avant de donner une consigne qui exige une bonne compréhension.
Source : INRS — démarche de prévention du bruit.
Les machines portatives transmettent des vibrations aux mains et aux bras. Les matériels conduits peuvent exposer l’ensemble du corps. La durée d’utilisation, l’état de l’outil, le terrain et la manière de travailler influencent l’exposition.
Les leviers utiles : choisir un matériel moins vibrant, maintenir ses dispositifs en état, entretenir les accessoires et limiter le temps réellement passé sur les tâches exposantes. Alterner avec des activités moins exposées peut aider, à condition d’évaluer l’ensemble de la journée.
Un gant dit « antivibratile » ne remplace pas ces mesures. Des fourmillements, engourdissements ou douleurs doivent être signalés et conduire à un échange avec le service de santé au travail.
Charger une tondeuse, déplacer des sacs, ramasser des déchets verts ou tailler longtemps les bras levés sollicite le dos et les articulations. Les efforts, la répétition des gestes, les postures et le manque de récupération peuvent se cumuler.
Agir sur le travail réel : réduire les transports manuels, rapprocher les points de dépôt, utiliser des aides adaptées et organiser le chargement. Choisir un outil dont le poids et les réglages conviennent à l’activité ; ajuster notamment le harnais selon la notice.
Une consigne de « bon geste » ne corrige pas une charge excessive ou une organisation inadaptée. Échanger avec les agents permet de repérer ce qui les oblige à forcer et de tester des améliorations concrètes.
Source : INRS — démarche de prévention des TMS.
Un chantier peut croiser des automobilistes, des cyclistes, des piétons, des engins et d’autres équipes. Le risque augmente quand les déplacements ne sont pas organisés ou que la visibilité est réduite.
Avant d’intervenir : préciser les accès, les zones de stationnement et de déchargement, les cheminements piétons et les manœuvres. Mettre en place une signalisation adaptée au site et aux règles applicables, notamment sur la voie publique. Un vêtement haute visibilité ne suffit pas à sécuriser l’intervention.
Répartir les tâches et convenir d’un moyen d’alerte compris de tous. Réexaminer l’organisation si le public emprunte un passage imprévu ou si une autre entreprise intervient. Aucun travail ne doit imposer de se placer dans une zone de manœuvre non maîtrisée.
Source : MSA — pourquoi signaler un chantier d’espaces verts ?
Herbe humide, trous masqués, racines, déchets, pentes et talus modifient les appuis. Une glissade devient particulièrement dangereuse lorsqu’un outil coupant est en fonctionnement. Le chargement et la descente des véhicules méritent aussi une attention spécifique.
Le bon point de départ : parcourir la zone avant de travailler, identifier les obstacles et vérifier que la méthode choisie est adaptée au relief. Respecter les limites d’emploi du matériel, y compris sur les pentes. Prévoir des cheminements dégagés et des chaussures adaptées.
Pour un travail en hauteur, choisir un moyen d’accès et de travail adapté, avec les protections nécessaires. Si le terrain ne permet pas des appuis sûrs, revoir la méthode ou reporter la tâche : se montrer plus vigilant ne rend pas un appui stable.
Le soleil, la chaleur, le froid, la pluie ou le vent peuvent rendre une tâche habituelle plus dangereuse. La chaleur augmente la fatigue et peut provoquer un malaise ; les UV constituent également une exposition à prévenir.
Anticiper plutôt que subir : consulter les prévisions, adapter les horaires et les efforts, prévoir de l’eau potable fraîche à proximité et des pauses dans un espace approprié. Organiser la surveillance mutuelle et la conduite à tenir en cas de malaise.
Adapter les vêtements et protections aux risques sans retirer un EPI nécessaire pour supporter la chaleur. Réévaluer ou interrompre l’activité si la météo compromet la sécurité : visibilité insuffisante, sol devenu glissant, vent dangereux ou orage, selon le chantier.
Sources : INRS — mesures de prévention et cadre réglementaire du travail à la chaleur.
La végétation, les sols, les eaux et certains animaux peuvent exposer les équipes à des agents biologiques. Tiques, insectes, déjections, plantes irritantes ou allergisantes et chenilles urticantes appellent des mesures adaptées aux situations rencontrées.
Sur le terrain : repérer les zones à risque, informer l’équipe, prévoir les protections appropriées et les moyens d’hygiène. Se laver les mains avant de manger ou de boire et protéger les plaies selon les consignes de santé au travail.
Ne pas improviser la destruction d’un nid ou la manipulation d’un organisme inconnu. Faire appel à un intervenant compétent lorsque la situation le nécessite. Prévoir un circuit de signalement après une exposition, une piqûre ou l’apparition de symptômes.
Source : MSA — risques biologiques et zoonoses.
Carburants, lubrifiants et produits d’entretien peuvent exposer par contact, inhalation ou projection. Les vapeurs inflammables et les surfaces chaudes ajoutent un risque d’incendie. Les gaz d’échappement font également partie des expositions à examiner.
Les mesures essentielles : inventorier les produits, consulter l’étiquette et la fiche de données de sécurité, rechercher une solution moins dangereuse et organiser le stockage. Conserver les produits dans des récipients adaptés et identifiés ; jamais dans une bouteille alimentaire.
Effectuer le remplissage selon la notice, moteur arrêté et suffisamment refroidi, loin des sources d’inflammation. Prévoir la réponse à une fuite ou à un déversement. Ne pas faire fonctionner un moteur thermique dans un espace clos ou insuffisamment ventilé. Les gants et autres protections se choisissent selon le produit et la tâche.
Source : MSA — prévention du risque chimique.
Une courte préparation collective rend les consignes plus utiles qu’un rappel général. Le chef d’équipe, le moniteur ou le référent peut faire décrire la tâche, puis demander ce qui a changé depuis la dernière intervention.
Dans une équipe accueillant un nouvel agent ou des travailleurs d’ESAT, montrer les points importants sur le terrain, employer des consignes accessibles et vérifier leur compréhension. Demander de reformuler ou de montrer l’action attendue est plus parlant qu’un simple « vous avez compris ? ».
Ces dix familles constituent un point de départ, pas une liste exhaustive. Selon les travaux, il faut aussi examiner les réseaux, le risque électrique, les poussières, le travail isolé ou les contraintes d’organisation. Notre article sur l’organisation d’un chantier d’espaces verts prolonge cette préparation.
Pour les employeurs relevant du Code du travail, les résultats de l’évaluation des risques sont transcrits dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, le DUERP. Le repérage quotidien doit alimenter cette démarche : une nouvelle machine, un changement d’organisation ou une information nouvelle sur un risque peuvent conduire à la revoir.
Les mesures suivent les principes généraux de prévention : chercher à éviter le risque, le réduire à sa source et privilégier les protections collectives. L’information, la formation et les EPI s’inscrivent dans cet ensemble.
Pour chaque action, noter un responsable, une échéance et un moyen de vérifier son efficacité. Les collectivités inscrivent ces observations dans leur démarche de prévention en tenant compte du cadre applicable à la fonction publique territoriale.
Références : Code du travail, articles L. 4121-1 et suivants ; R. 4121-1 et R. 4121-2.
Pour passer de l’article à l’observation, PREVA CONSEILS met à disposition une grille d’évaluation des risques – chantier espaces verts, en PDF de deux pages.
Télécharger la grille d’évaluation des risques — PDF
Imprimez-la pour la compléter avec l’équipe avant l’intervention, puis reprenez les actions en fin de chantier. Une case cochée ne suffit pas : décrivez la situation réellement observée et ce qui doit changer.
La prévention se joue souvent dans les décisions prises avant la mise en route : choisir une autre méthode, attendre la fermeture d’un passage, écarter une machine défectueuse ou adapter le rythme à la météo.
Le rôle de l’encadrant est de rendre ces décisions possibles. Un agent doit pouvoir signaler une difficulté et interrompre une situation dangereuse sans que la seule réponse soit de lui demander de terminer plus vite.
PREVA CONSEILS
Un incident sans blessure peut aussi révéler une faiblesse à traiter : consultez notre guide sur les presqu’accidents en espaces verts.
Ressources consultées le 2 octobre 2026. Les liens INRS, MSA et Légifrance associés aux rubriques permettent d’approfondir chaque sujet.
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